Tout va bien. Visite du septième mois, la tête du bébé est en bas, ce qui a priori est une bonne nouvelle ; il bouge bien, il a une bonne activité cardiaque. C’est la joie, quoi. Mais il fait chaud, et pour la première fois de ma vie, j’ai chaud. Ce genre de j’ai chaud dont parlent les gens mais je ne connaissais pas encore : c’est pénible, et l’idée d’un bain en Antarctique ne me laisse pas indifférente…
Dans un tout autre registre, pour mettre un peu de piment dans nos existences routinières, nous affrontons de petits problèmes cafcafiens (franchement, avec un humour pareil et une telle finesse d’esprit, je ne comprends pas pourquoi je ne suis pas députée de Belfort…). J’avais transféré mes dossiers administratifs, parce qu’en déménageant, nous avons franchi la limite qui sépare le Territoire de Belfort (90) de la Haute-Saône (70) ; quand je dis limite, je souligne qu’il s’agit d’une route, celle qui passe précisément devant notre maison, le fameux GR sus-mentionné, qui marque la frontière des deux départements. Donc, si nous habitions avec les vaches du champ d’en face, tout ce qui suit n’aurait pas eu lieu. L’Assurance Maladie, quelles que soient les méchancetés médiatiques dont elle fait l’objet, a magnifiquement fait son travail : je suis toujours prise en charge à 100% au titre de la maternité ; ils sont même capables de m’envoyer dans un délai de 48 heures un papier pour que j’accède à un congé maternité – une première pour moi, ces petites délicatesses de la solidarité nationale n’existant pas au CCF de Damas, organe phare de la francophonie et du glorieux rayonnement de la France.
En revanche, ça se complique pour la CAF. Belfort aurait bien accompli sa tâche dans les règles de l’art : transfert informatique de mon dossier, opération réussie ! C’est à l’arrivée que ça n’a pas marché : on n’a pas très bien compris ce qu’ils ont fait des informations, mais résultat, ils nous ont grillé définitivement un mois de l’allocation de base pour le jeune enfant à laquelle nous avions pourtant droit, et surtout, je ne suis plus enceinte. Ah ? Vous êtes sûr ? Parce qu’à Belfort, la maternité est enregistrée depuis février, et on est en juin, je suis à deux mois et demi d’accoucher… Non, Madame, je vous assure, nous n’avons aucune trace de votre maternité. Vous voulez que je vous envoie une photo de moi en maillot de bain ? Parce que vous n’auriez ainsi plus aucun doute ? Je dis ça pour vous aider, moi, Monsieur. Et comment on fait pour la prime à la naissance, alors ?
Nous qui avions peur de nous ennuyer cette semaine, ouf, l’administration s’occupe de nous.