Ceux qui me connaissent bien savent probablement que l’une de mes deux idoles – existant et ayant existé, j’exclus ici Buffy, parce que je suis presque convaincue que les vampires n’existent pas ; par conséquent, je mesure qu’il ne s’agit là que de fiction – est Antoine, que j’admire pour la grande intelligence avec laquelle il vendit des Elucubrations à la France entière (le monde, je ne sais pas, ça serait un peu présomptueux), ce qui lui permit de naviguer en eaux turquoises le restant de ses jours.
Ma seconde référence est Léonard de Vinci. Je sais bien que ça n’est guère original, voire totalement surfait, et qu’à part l’Abbé Pierre, il doit venir à l’esprit de chacun en réponse à la question : « Quel personnage historique vous semble le plus admirable ? ». Ce qui me fascine chez LdV, ce ne sont pas toutes ses inventions en avance de plusieurs siècles, sa peinture, ses écrits… mais ses codex. Ce gars devait se balader en permanence avec de quoi écrire sur lui, et tout noter obstinément. Je m’imagine que c’est pour cela qu’il était si complet : il n’a rien laissé passer de ce qui passait dans sa tête.
Me voilà donc déclarée sensible à la démarche scientifique ! Qui l’eût cru ?
Toute imprégnée de cette appétence intellectuelle, je me suis dernièrement livrée à une expérimentation tout à fait édifiante. Il y a maintenant environ six mois que j’ai définitivement abandonné L’INTEGRALITE des produits issus de l’industrie chimique, tant en arts ménagers qu’en cosmétiques. Un jour, prise d’une fièvre de savoir, je me suis lancée sur Internet, afin de comprendre les étiquettes de mes shampoings, gels douche, maquillage, savons, déodorants, gommages, crèmes pour le visage, le corps, les yeux, les doigts de pieds, l’arrière des oreilles, etc. J’ai appris avec horreur de petites histoires telles que : « dans les démaquillants pour les yeux, il y a des produits utilisés également dans l’anti-gel des voitures ». Alors beuark beuark beuark, j’ai pris un sac poubelle (à l’époque pas entièrement biodégradable, mais j’ai corrigé cette faute de goût impardonnable, et maintenant, ma poubelle est ornée d’un joli sac vert amande) et j’ai tout balancé. TOUT !!! Ca m’a permis de dégager beaucoup de place dans mes tiroirs et mes étagères, et de faire le point sur ce dont j’avais besoin ou pas. Soyez rassurés, j’ai encore plein de choses dans ma salle de bain, mais moins qu’avant, et surtout des produits naturels ou bio, c’est-à-dire, sans les composants de la liste que je mentionne ci-dessous.
A proscrire
acétate de phénylmercure
acide benzoïque amyldimethilamino
acide ricinoléique
acide thioglycolique
alkylphenol ethoxylates (APE)
aluminium, stéarates d’aluminium
benzophénones
BHT et BHA
bromide et quaternium 1-29bromure de méthyle
bromo-2-nitro-propane-1,3-diol ou bronopol
bronopol
composés d’ammonium quaternaire sous les noms de chloride de benzakonium, cetrimonium
Composés musqués
Composés organo-halogénés
couleurs FD&C et D&C
coumarine
CTAC ( Cetyl trimethyl ammonium chlorure )
diéthanolamine (DEA)
DEHP (Diethylhexylphthalate) et le DBP (Dibutylphthalate
DMDM hydantoine
DSDMAC ( Quaternium 5 ).
EDTA et Etidronic acid
fomaldéhyde
gomme ester
huiles minérales telles que Paraffinum liquidum
imidazolidinyl urea, imidazolidinylurée
lauryl sulfate de sodium (ou laureth). Ces ingrédients sont souvent mélangés avec d’autres produits chimiques synthétiques - par exemple, cocamide-DEA, ou bien TEA-lauryl
sulfate de sodium.
lauryléthersulfate de sodium
monoéthanolamine (MEA)
myristate d’isopropyle
NDELA (n-nitrosodiethanolamine)
parabènes : préfixes methyl-, ethyl-, propyl- ou butyl-
paraoxybenzoate de butyle
parfum
pentaérythrityle,
Phénylénédiamine souvent précédé par m-, o- ou p-
phtalates
plomb
polyéthylenglycols (PEG)
polyisobutène
polyméthacrylate de méthyle
polyuréthane
polyvinylpyrrolidone (PVP)
Propylène Glycol
quats et polyquats (INCI : Quaternium plus un chiffre), 2-bromo-2nitropropane-1, 3-diol et le quaternium-15, duquaternium-22
Sels d’aluminium et triclosane
sulfonate de polystyrène sodique
Substances obtenues à partir de PEG et de PPG
talc
triclosan
triéthanolamine (TEA)
Les huiles et cires de silicone Dimethicone Cetyl dimethicone copolyol, la Phenyl trimethicone,
la Stearyl dimethicone (probablement peu nocives mais non biodégradables : à éviter donc.)
Les SLS comme Sodium-laureth-sulfate ou le sodium-lauryl-sulfate
Liste des colorants synthétiques
Poudre d’aluminium
Oxychlorure de bismuth
Dihydroxyacétone
Violet de Nuremberg
Mica
Matières animales
La cochenille (petit insecte servant de colorant carmin pour les rouges à lèvres...).
Le collagène (mélange d’os, de peau et ligaments des porcins et ruminants).
La kératine (poils, plumes et ongles de divers animaux).
La lanoline (extrait du suint de la laine de mouton).
La glycérine (mélange de graisses de divers animaux).
L’allantoïne (l’acide urique des porcins et ruminants).
Me voilà, au bout de six bons mois, totalement désintoxiquée. Je vous passe les détails pour aujourd’hui, mais il faut toutefois savoir que nombre de ces produits (ceux à proscrire, notamment) sont très fortement suspectés d’être à l’origine de certains cancers ; des parabens ont été retrouvés dans les tumeurs du sein, par exemple. Charmant ! Je précise que TOUS les produits sont remplaçables en bio, et je ne me suis pas privée de me refaire un stock de gels, savons, shampoings, crèmes, maquillage.
Ici commence mon expérimentation : j’ai eu mon premier rendez-vous de prise de contact avec la sage-femme pour la préparation à l’accouchement. Elle m’a remis un colis plein d’échantillons de tas de choses : couches, eaux minérales, et entre autre du gel douche pour bébé et toute la famille, totalement hypoallergénique, spécialement formulé pour les peaux sensibles, conçu pour être agréable et laisser la peau douce et belle comme dans les films. Je me dis : « Emmanuelle, ne sois pas sectaire, respecte donc un peu la si belle industrie de la consommation qui enrichit si peu mais si exponentiellement quelques personnes seulement : ouvre ce gel douche, et lave-toi avec. »
C’est parti : je déchire le petit sachet en plastique non recyclable, je hume : hummmmmmmmm ça sent bon, c’est vrai ! Je m’enduis du liquide doré, toute heureuse, m’imaginant comme la nana dans la pub pour Tahiti douche : bronzée et mince pareil, bref, un pur instant de magie autosuggérée. Et là ! Bling, un monde de perfection qui s’écroule : ça commence à piquer ferme, donc je me rince, en prenant soin de bien maudire ces enc…. qui font de la pub mensongère et manqueraient de me faire utiliser leur poison sur mes bébés d’amour. Je me rince, je me rince, et ça part toujours pas… une sensation désagréable d’être recouverte d’un film irritant, et il m’a fallu l’équivalent de trois bains pour que ça passe. Bonjour les économies d’eau, la préservation de l’environnement… Un cercle vicieux, vous dis-je.
Voici maintenant les conclusions de cette expérience, mise en relation pour preuve plus appuyée avec d’autres : ces produits sont mauvais, très très très très très très mauvais. Depuis que je n’en utilise plus, je n’ai plus besoin de me tartiner tous les soirs de crème hydratante (mon c… hydratante, mensonge !!!), je n’ai plus d’allergies ou d’intolérances régulières à différents produits, et surtout, je ne supporte plus de les utiliser, ces produits. Pas d’eczéma, pas de peau sèche, pas de problèmes. Et pareil pour Tylian. Bébé, il y avait toujours un truc qui n’allait pas : la peau trop sèche, des boutons rouges. Et maintenant, tout va bien, une vraie peau de bébé. Si vous n’êtes pas convaincus… J’ajoute que je suspecte une machination : votre gel douche ne vous laisse pas la peau suffisamment soyeuse, utilisez donc en complément le lait hydratant de la même gamme. Mais attention, c’est un lait intelligent, qui sait donc reconnaître les parties du corps : vous ne le tromperez pas ! Pour les pieds, prenez la crème enrichie aux zorglutamines de photositricum, pour les coudes, celle aux enchitrizilgoblates de Mongolie, et pour l’arrière des genoux, offrez-vous un moment d’intense relaxation avec le gel rafraîchissant aux extraits de joues de crevettes des rivières du Pakistan. Mais non, personne ne vous prend pour un con.
Maintenant, je vous invite à jouer : imprimez, et allez dans votre salle de bain. Prenez un flacon ou un tube au hasard, regardez sa composition : soyez surpris ; prenez un deuxième article, soyez étonnés, un troisième, soyez déconfits, un quatrième, soyez atterrés, tout ce qu’il y a dans votre salle de bain… Pleurez, jetez, et soyez bienvenus dans un monde meilleur.
Comme on dit, je reste à votre entière disposition pour tout renseignement supplémentaire.